jeudi 22 mai 2008
LE PALAIS DE FRIDA

Frida, en son palais, regarde ses traits. Frida, clouée, rend sa vie.
Si libre, Frida...
Pour la rejoindre : elle est là...
dimanche 10 février 2008
L'INDECENTE

Il a bien fallu s'habiller, ce matin-là. Choisir une jupe bleue, un bout de ciel après la nuit blanche, la jeter sur le lit défait, au milieu des draps en boule et des oreillers pour deux. S'allonger encore un peu même s'il n'est plus l'heure, écouter son corps qui respire. Envisager la suite, ta fuite.
L'indécence est de t'avoir aimé sans jamais te le dire et ainsi de ne pas avoir pu te retenir quand tu es parti.
mercredi 23 janvier 2008
LA CLE DE SONGE

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blème,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Mon rêve familier - Paul Verlaine - Poêmes Saturniens
dimanche 13 janvier 2008
UN TRUC DE PRINCESSE

Enfant, elle joue à la Madame aux frais de la princesse, se couvre d'or de pacotille, de perles en graines, enroule sa petite nature dans une étoffe ondée aux reprises douces sous les doigts, éclats de soie parsemés. Quand elle avance dans le jardin, les fleurs hochent la tête et s'écartent avec grâce devant ce pas léger de fillette qui ne recule devant rien.
lundi 26 novembre 2007
LA BELLE
La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il ya toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un coeur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie à se partager.
Et un sourire - Paul Eluard, Le Phénix, 1951.
Merci à Line de m'avoir aiguillée vers ce poême
mardi 20 novembre 2007
COMME UN COL
Mes nuits sont blanches pendant que la nuit est noire. Dans cette vie sans rêve, j'enfile des perles sans lumière. A chercher le bout. Le bout de la nuit. Le bout du fil. Le lien qui m'unit à vous. Mes perles sont comme toutes les perles, lâchées, elles roulent. Perdues, elles s'oublient. Pendant que la nuit est noire, que la lune, rognure d'ongle, éclaire avec peine les draps défaits, je me donne une seconde chance.
dimanche 14 octobre 2007
UNE HISTOIRE DE NID
Après le fort coup de vent de la nuit, le jour se leva dans un ciel d'une pureté insoutenable au regard et la trace des étoiles s'effaça bien vite. Elle alla au jardin. Tout de suite, ses yeux se posèrent sur un nid tombé de l'arbre, sans oiseau dans cette demeure. Seules, quelques plumes de duvet flottaient dans un souffle d'air et finirent leur course lente accrochées à une grande tige d'herbe folle. Elle se saisit du nid et le porta à son coeur. Là dedans, il y avait la promesse de ses enfants à venir.
samedi 15 septembre 2007
LE REVE

J'ai rêvé de toi, cette nuit. Tu déposais un baiser sur mon épaule et je plongeais dans ton regard sombre. Comme avant.
dimanche 2 septembre 2007
APRES LE BAIN

Après le bain, la pluie s'est mise à tomber. Il y a quelque chose de gris maintenant dans la mer.
BIEN A TOI, MON ANGE...
Durant ma vacance, j'ai rencontré Terez, Hélène, Gil et puis une Courgette pleine de rêves.
J'ai senti l'odeur entêtante de la fleur de chataîgniers, là-bas, dans les collines vertes et de la fleur d'oranger dans les gouttes de Fragonard.
J'ai levé ma coupe de Champagne en mémoire de Florence que les Anges ont enlevée. Bien à toi, ma Belle Mumm...
J'ai laissé fondre sur ma langue les sorbets multicolores de Béatrix, croqué à pleines dents les rondes pêches farcies aux macarons amers, dévoré sans regret aucun les fleurs de courgette (pas toi, Courgette la rêveuse...)dans tous leurs états.
Bien sûr, j'ai regardé passer les nuages. Et j'ai beaucoup rêvé.



