Madeleine Songe

Création de bijoux en pâte polymère, perles, écriture, mots, rêveries

dimanche 21 octobre 2007

JAMAIS D'AUTRE QUE TOI

Pluie_020

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes

En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit

Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien

Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'aggrandit

Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherais vers l'écume

Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux

Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité

Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde

Jamais d'autre que toi

L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés

Quelle évasion !

C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud

Nous passerons d'autres lignes

Jamais jamais d'autre que toi

Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre

Et toi jamais d'autre que toi.

Robert Desnos.

Posté par lydiemasere à 20:53 - Ecrire en vain - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


dimanche 14 octobre 2007

UNE HISTOIRE DE NID

hirondelle

Après le fort coup de vent de la nuit, le jour se leva dans un ciel d'une pureté insoutenable au regard et la trace des étoiles s'effaça bien vite. Elle alla au jardin. Tout de suite, ses yeux se posèrent sur un nid tombé de l'arbre, sans oiseau dans cette demeure. Seules, quelques plumes de duvet flottaient dans un souffle d'air et finirent leur course lente accrochées à une grande tige d'herbe folle. Elle se saisit du nid et le porta à son coeur. Là dedans, il y avait la promesse de ses enfants à venir.

Posté par lydiemasere à 18:07 - Songe à part - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 30 septembre 2007

MARCHER SUR LE FIL

nacre

Je ne veux pas te quitter

Mon sourire est attaché à ton corps

Et le baiser de l'algue à la pierre

A l'intérieur de mon âge je porte un enfant gai et bruyant

Il n'y a que toi qui saches le faire sortir du coquillage

Comme l'escargot avec de fines voix

Parmi l'herbe il y a

Les mains fraîches des fleurs qui se tendent vers moi

Mais il n'y a que ta voix qui soit fine

Comme ta main est fine comme le soir est impalpable comme le repos

BIFURCATION - TRISTAN TZARA

Posté par lydiemasere à 10:54 - Songe après Songe - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 23 septembre 2007

IL Y A UN MONDE...

alamerDans ce monde-là, les petites filles s'inventent des vies qui leur sourient. Elles prennent leurs rêves pour la réalité et la nuit, elles se réveillent à la recherche d'un songe qui leur aurait échappé, pris la fuite, devant tant de désir de grandir et de se promener sur la jetée sans papa et maman. Sans eux.

Pourtant, maman dit : Tu es ma princesse, mon petit elfe. Et papa renchérit : mon petit cœur, mon sang, mon élan.

Je suis petite et j’échappe à toutes les règles. Quand je fais un pas sur le côté, que je renâcle, que je renifle, on me pardonne. On bise mon nez. On réchauffe mes doigts gelés par le froid, on me coiffe, on m'habille, on m'emmène en voyage, c'est long, on marche dans la nature, c'est vert et je m'ennuie.

Autour de moi, le monde s'agite. Il va vite et je me demande comment faire mon trou dans tout ce tumulte. Oh, je voudrais vivre dedans, au chaud dans la maison de Hans et Gretel ! Donnez-moi le sucre et le pain d'épices que je bâtisse cette cabane de douceurs ! Parce que c'est comme ça, vivre c'est faire un trou. Si j'y pense très fort, je vois un trou dans le sable, j'ai mis du temps à creuser et papa m'a aidé et il allait bien plus vite que moi dans ses pelletées, avec un peu d'eau qui remonte de ce creux et je me dis que je vais avoir le fond de ma culotte trempé si je me glisse dans cette cavité pour le reste de ma vie.

Je suis petite mais j'ai déjà vécu beaucoup de jours et il en reste encore. A l'école, on apprend à additionner, à soustraire, à diviser. Et parfois il y a des restes qui m'embêtent, j'aime mieux quand c'est zéro que j'inscris, j'en souris, j'aime mieux quand c'est bien rangé, que tout est en ordre et que deux et deux font quatre. Je l'ai su tout de suite que ça faisait quatre.

Je regarde les oiseaux s'envoler dans le ciel pur. Le spectacle dure des heures. Il y a toujours un oiseau pour se poser et un autre pour s'éclipser.

Spec-ta-cle : articule maman. Je sais, je n'arrive pas à le dire, du coup je suce mon doigt et je chuchote aux oiseaux qui m'ignorent combien j'aimerais qu'ils me prennent sous leur aile. J'irais bien voir du pays en leur compagnie, recroquevillée dans le duvet chaud, alors, je n'aurais plus peur de la nuit, des avions, de maman qui s'éloigne, du trou plein d'eau, de papa qui renchérit : mon sang.

Posté par lydiemasere à 11:30 - Ecrire en vain - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 15 septembre 2007

LE REVE

Coco

J'ai rêvé de toi, cette nuit. Tu déposais un baiser sur mon épaule et je plongeais dans ton regard sombre. Comme avant.

Posté par lydiemasere à 13:29 - Songe à part - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 7 septembre 2007

GALERIE DE PORTRAITS

Manet

Quand j’y pense, "La fille du bar des folies Bergères"

Peinte en dix huit cent et des poussières

Par l'ami Manet, est ton portrait tout craché.

C’est fou comme tu as d’elle, la tristesse détachée,

Son regard, sa bouche enfin tout cet ensemble

Qui fait de toi, cet archange qui tremble;

De l’arbre sec, la feuille repliée qui tombe.

C’est la douceur à laquelle je succombe.

Tu peins, tu peins mon portrait de 36 manières

dans la galerie de ton amour où tu me figures.

Ces palettes de maîtres sont de bonne augure.

C’est un point de vue, une vision extraordinaire,

Mais le mystère je garde, le secret je celle

Entre nos nuits noires et pour toujours

Ne cherche pas à comprendre la raison de celle

Qui, dans son sac, a plus de mille tours.

Tamara

Si je me penche sur "la jeune fille en vert"

Peinte à en dix neuf cent et des brouettes

Par Tamara, je vois une évidence, de toi un air,

Pas une différence, une si jolie silhouette.

Cette beauté dans la lumière du mois de mai,

C’est celle dans laquelle, je te reconnais.

Ce n’est pas du bla bla bla, c’est du Lempicka.

Je jure, une indicible ressemblance, il y a.

Tu peins, tu peins mon portrait de 36 manières

dans la galerie de ton amour où tu me figures.

Ces palettes de maîtres sont de bonne augure.

C’est un point de vue, une vision extraordinaire,

Mais le mystère je garde, le secret je celle

Entre nos nuits noires et pour toujours

Ne cherche pas à comprendre la raison de celle

Qui, dans son sac, a plus de mille tours.

Shiele1

"La femme assise avec la jambe gauche repliée"

Crayonnée en dix neuf cent et quelques ans

Est ta douce esquisse, ma perle fine, mon adorée,

Peut-être et plus encore, je te retrouve dedans.

Je n’en doute pas, tu es la fée d’Egon Schiele,

Et je le confesse, tu es mon talon d’Achille.

Je colore ma vie à ta vie, ma belle sanguine,

Ce désir m‘habite de me river à tes épines.

Tu peins, tu peins mon portrait de 36 manières

dans la galerie de ton amour où tu me figures.

Ces palettes de maîtres sont de bonne augure

C’est un point de vue, une vision extraordinaire,

Mais le mystère je garde, le secret je celle

Entre nos nuits noires et pour toujours

Ne cherche pas à comprendre la raison de celle

Qui, dans son sac, a plus de mille tours.

A Pakale à la voix comme un ruisseau

Posté par lydiemasere à 13:06 - Ecrire en vain - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 5 septembre 2007

POUR VOUS DIRE MERCI : EMOTION

Tr_sor_002Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s'aiment

Ne sont là pour personne

Et c'est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

excitant la rage des passants

Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie

Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour

Jacques Prévert - Les enfants qui s'aiment - Spectacle

Posté par lydiemasere à 20:45 - Ecrire en vain - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 2 septembre 2007

APRES LE BAIN

bain

Après le bain, la pluie s'est mise à tomber. Il y a quelque chose de gris maintenant dans la mer.

Posté par lydiemasere à 10:10 - Songe à part - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

BIEN A TOI, MON ANGE...

Angedslamain

Durant ma vacance, j'ai rencontré Terez, Hélène, Gil et puis une Courgette pleine de rêves.

J'ai senti l'odeur entêtante de la  fleur de chataîgniers, là-bas, dans les collines vertes et de la fleur d'oranger dans les gouttes de Fragonard.

J'ai levé ma coupe de Champagne en mémoire de Florence que les Anges ont enlevée. Bien à toi, ma Belle Mumm...

J'ai laissé fondre sur ma langue les sorbets multicolores de Béatrix, croqué à pleines dents les rondes pêches farcies aux macarons amers, dévoré sans regret aucun les fleurs de courgette (pas toi, Courgette la rêveuse...)dans tous leurs états.

Bien sûr, j'ai regardé passer les nuages. Et j'ai beaucoup rêvé.

Posté par lydiemasere à 10:05 - Songe à part - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

AVANT TOUT DE VOUS

Mes_coeurs

Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles.
Une voix, comme un tambour, voilée,
Parvient, partout, distinctement, jusqu'à nous.
(...)
Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.
Et vous : Ne l'entendez-vous pas ?
Elle dit : La peine sera de courte durée
Elle dit : La belle saison proche

J'ai gardé de vous les mots, les appels du pied, les silences. Il n'y a pas de mots pour vous remercier de votre attente...

Posté par lydiemasere à 09:49 - Songe à part - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4  5   Page suivante »