Madeleine Songe

Création de bijoux en pâte polymère, perles, écriture, mots, rêveries

lundi 30 juin 2008

FEMME A SA TOILETTE

toilettes

C'est du très intime, ça (A défaut de tourner autour du pot, je me mets en satellite autour de mon nombril. Ah ! le manque de gravité a du bon !). Ces toiles, elles sont ma galerie intime, les miroirs où se reflètent mes mères (j'en ai deux, je vous dirais plus tard, deux starlettes), mes soeurs imaginées, mes amies de chair, mes complices de peine, mes compagnes de joie, toutes ces femmes d'où je viens. Elles me touchent dans mon être le plus profond, tellement c'est dans le fond que les mots n'arrivent pas ou si mal à dire. C'est organique. Bon, comme c'est ma première chronique (qu'est ce que ça veut dire chronique ?), je ne vais quand même pas vous laisser en plan alors j'ose : éternel féminin, courbes, grâce, plénitude, courage, robustesse, maternité, abandon, fragilité, terreau commun, chair la même, volonté d'être, de devenir, d'avenir...

La mise à nu des corps est la mise à nu de l'âme. Je le ressens pareil.

Si le corps des femmes m'est cher, c'est à cause de la sieste sur les genoux. Grasses siestes. Sur les genoux immobiles, le nez coincé entre les seins voluptueux de ma maman n°2 (ma vamp la pire...). Non, non, non je ne suis pas en apnée. Au contraire, je respire sa peau douce et transpirante et vivante et je m'endors. En paix. Le temps de toutes mes siestes d'enfant.

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dimanche 29 juin 2008

ON SE LANCE

... On dit, on dit... On ouvre les yeux sur le monde. Oh ! on prend un air étonné ! On donne des avis, on s'emballe, on en profite on déballe. On râle, on pense détenir la solution et pourquoi pas la clé du mystère. Mystère, mystère... Et on dit, on dit... On tourne autour du pot, pourquoi donc ce pot ? On pardonne (enfin on essaie, c'est drôlement difficile voire impossible, mais on pardonne, enfin on fait des petits compromis...) Finalement, on se retrouve à tourner autour du pot. Et encore et toujours ce pot ! Un jour enfin,  on comprend que toute cette agitation n'est que mise en scène de soi-même. Hé hé hé !

Ceci étant dit et en toute fausse modestie, mais quand même pour rendre un peu plus légère la vie (la mienne, cela va de soa !)et mettre un poil de distance entre elle et moa, j'ouvre (comme dans les grandes cérémonies pour les grands initiés...), j'ouvre les CHRONiqUes de la mAdeleiNE (pourquoi j'écris si grand ? ).

eT QUe les mots soIent FaitS.

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mardi 24 juin 2008

AVANT QUE

les feux de la Saint-Jean ne s'éteignent : dire à mon papa que je l'aime même s'il ne m'entend plus depuis longtemps...mais je lui dis tous les jours, mais là je le dis à voix haute...

Faceaface

Suis-je en train de prendre le chemin des bonnes résolutions ??? En tous les cas, Mesdames les Âmes, vous m'aidez en ce sens. Allez zou !, encore une louche de  résolution n° 10 :

Dire que j'aime et que je vous aime...

Mais voilà que ma liste du moment, ma number one, ma préférée, ma toute douce, mon idéale, mon coup de pied aux fesses, mon poil qui gratte, se trouve maigrichonne, alors une douzième intention pour lui faire plaisir (faire plaisir, ne serait-ce pas une bonne résolution ça, on dirait que ça serait la treizième ?) :

Dire merci et tant pis pour le rose aux joues, dire merci quand on reçoit.

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dimanche 22 juin 2008

SOLISTE

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Nous y voilà ! faut que je me rende à l'évidence : me suis rendue au solstice d'été (j'y reviendrais). D'abord, il faut vous dire que ce n'est pas au 1er de l'an que je prends mes bonnes résolutions, c'est maintenant, quand je me replie dans la maison, volets clos, fraîcheur des carreaux, pénombre bénie. Sais pas pourquoi, c'est à ce moment-là que naissent intentions bien fondées, promesses, envies. Je suis prête pour tous les démarrages en côte !

Alors, avant que la mer ne me prenne (bains de mer sur prescription médicale, si possible ne pas couler, nager, nager et j'oublierai la moustache bien mise de mon kiné à laquelle je m'accroche quand ça fait trop mal !), je dis que :

1) revenir aux fondamentaux,

2) ne plus faire semblant de vous ignorer,

3) arrêter les questions, les j'arrête, à quoi ça sert et pourquoi, c'est quoi cette solitude ?, les doutes, les fuites (en arrière toutes ! et sur les côtés, difficile pour le pur Cancer que je suis d'aller contre ma marche naturelle !),

4) pur plaisir, doux délice,

5) ne plus pleurer sur les rencontres inespérées et loupées, les coups de foudre mouillés, les incompréhensions mutuelles, les attentes grandes bien trop immenses, les vides à combler, les besoins d'aimer, les deuils jamais faits,

6) me dire que je suis une lente. Et alors ?

7) ouvrir la coque,

8) arrêter de me prendre pour la Petite Poucette perdue dans la sombre forêt aux prises avec le méchant ogre myope qui n'a pas vu que je ne suis plus d'une première fraîcheur,

9) regarder vos yeux,

10) dire que j'aime et que je vous aime,

11) les autres intentions (inventions), me les garde encore un petit peu, au chaud de l'été sous mon aile de poule qui cherche le caillou magique...

C'est malin, cette liste (fichue manie que cette manie des listes, j'en colle, j'en enfouis, j'en sème, j'en clone, j'en retrouve, j'en oublie...et plus elles sont longues et plus j'exulte...), me sens toute chose maintenant...

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jeudi 22 mai 2008

LE PALAIS DE FRIDA

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Frida, en son palais, regarde ses traits. Frida, clouée, rend sa vie.

Si libre, Frida...

Pour la rejoindre : elle est là...

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dimanche 18 mai 2008

DEUX JOURS A TUER

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Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?

Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?

Serge Reggiani - Jean-Lou Dabadie - Alain Goraguer

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lundi 12 mai 2008

MON JUPON

Jupon

A Miramas, tes mains brûlées par le soleil, m'ont détroussée de ce jupon. De ces mains qui m'ont vu venir, je suis encore amoureuse.

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dimanche 27 avril 2008

SI BELLE, LOUISE

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J'ai vu plus d'un adieu se lever au matin,

J'ai vu sur mon chemin plus d'une pierre blanche,

J'ai vu parmi la ronce et parmi le plantain

Plus d'un profil perdu, plus d'un regard éteint

Et plus d'un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent

J'ai vu passer les mots qu'un baiser accompagne.

J'ai vu ces baisers-là s'en aller au couvent

Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,

J'ai vu plus d'un noyé dont je fus la compagne.

J'ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,

L'amour me délaisser pour une autre nature

Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir

Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin

Ces profils éperdus ne pesant plus une once,

Je les revois dans l'onde et l'arbre et le plantain

Et je vois mon destin dans l'entrelacs des ronces.

J'ai vu - Louise de Vilmorin

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vendredi 11 avril 2008

L'HORLOGER SOUS LA LUNE OU...

L'AIR DU TEMPS...

horloger

Par une nuit douce d'août, j'ai capturé un horloger sous la lune. A mon oreille, le battement tendre de son coeur résonne encore comme le tic-tac régulier et perpétuel d'une montre mécanique d'un autre siècle. Peu lui importe de courir après le temps, lui sait l'arrêter. Dans mes rouages rouillés, il a glissé du bout de sa pince ce grain d'or qui a relancé mon mécanisme défaillant et les minutes ne filent plus, elles se posent.

Tentez cette experience merveilleuse de dormir auprès d'un horloger sous la lune, son corps est fort et rassurant comme celui d'une belle horloge comtoise. Je vous le recommande.

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jeudi 20 mars 2008

STORIA

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On va reprendre l'histoire du début. Enfin, on va essayer. On va dire qu'elle commence par une belle nuit étoilée ou, si tu préfères, sous un ciel piqueté de lueurs scintillantes comme des brillants. Je sais tu as le goût de la métaphore et j'ai la métaphore facile. La grande casserole, le petit chariot, Vénus, la Voie Lactée et puis Orion, la fleur de carotte de Giono... on se rend compte du vide sidéral quant à nos notions d'astronomie... ce qui nous occupe pour l'heure et les nuits à venir (mais on n'en est pas encore bien sûrs), c'est la ronde nuptiale à laquelle se livrent nos corps. Bien entendu, nous les laissons faire. En fait, nous sommes pantois sous la lune, devenus muets peu à peu.

C'est un beau début d'histoire. Dans ces moments-là, on se dit que la vie ne devrait être faite que de commencements. Adieu les tourmentes ! Ainsi on enverrait voler par dessus les moulins les douleurs assassines. Oui mais voilà, pour cette histoire d'étoiles filantes inaperçues, il a fallu clore une autre histoire qui avait commencé assis en tailleur devant un feu de bois sur des tomettes délavées et qui, elle-même, avait mis le terme à une histoire entamée face à la mer, bercés que nous étions par le ressac de l'eau, les fesses humides dans le sable mais nous n'osions pas le dire par peur de rompre le charme et ainsi de suite et toujours une suite et une fin...

Plus tard, on se demande, je me demande si toute cette mise en scène d'étoiles, de nuit d'été et de son cortège de grenouilles coassantes, de grillons insomniaques, de chouette éberluée n'était pas là pour brouiller nos sens irrémédiablement, nous engager à poursuivre l'histoire jusqu'à l'automne et bien au-delà si affinités.

Je dois me rendre à l'évidence : écrire l'histoire ne t'intéresse pas, pas la nôtre en tous les cas. Je cherche ta main, je ne la trouve pas, je cherche ton regard, je ne le trouve pas. Je dis les mots que tu ne dis pas. Je m'écorche vive à tes côtés. Je me suis trompée d'histoire et tu me l'accordes. Chacun sa version. Sa vision. Son évasion. Alors je me mets en quête d'un autre début. La décision n'est pas simple à prendre. Oh non !mon corps renâcle à laisser le tien mais je me mets en chemin. Et puis, par une nuit blanche d'août, je kidnappe, je le jure la pleine lune pour témoin, sur la route sinueuse des gorges d'Evenos un horloger peu farouche. Mais là est une autre histoire...

Posté par lydiemasere à 13:16 - Ecrire en vain - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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