dimanche 27 avril 2008
SI BELLE, LOUISE

J'ai vu plus d'un adieu se lever au matin,
J'ai vu sur mon chemin plus d'une pierre blanche,
J'ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d'un profil perdu, plus d'un regard éteint
Et plus d'un bras, la nuit, que me tendaient les branches.
Par le calme et la pluie et le souffle du vent
J'ai vu passer les mots qu'un baiser accompagne.
J'ai vu ces baisers-là s'en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J'ai vu plus d'un noyé dont je fus la compagne.
J'ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L'amour me délaisser pour une autre nature
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.
Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l'onde et l'arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l'entrelacs des ronces.
J'ai vu - Louise de Vilmorin
vendredi 11 avril 2008
L'HORLOGER SOUS LA LUNE OU...
L'AIR DU TEMPS...

Par une nuit douce d'août, j'ai capturé un horloger sous la lune. A mon oreille, le battement tendre de son coeur résonne encore comme le tic-tac régulier et perpétuel d'une montre mécanique d'un autre siècle. Peu lui importe de courir après le temps, lui sait l'arrêter. Dans mes rouages rouillés, il a glissé du bout de sa pince ce grain d'or qui a relancé mon mécanisme défaillant et les minutes ne filent plus, elles se posent.
Tentez cette experience merveilleuse de dormir auprès d'un horloger sous la lune, son corps est fort et rassurant comme celui d'une belle horloge comtoise. Je vous le recommande.