Madeleine Songe

Création de bijoux en pâte polymère, perles, écriture, mots, rêveries

jeudi 20 mars 2008

STORIA

quiz_s7

On va reprendre l'histoire du début. Enfin, on va essayer. On va dire qu'elle commence par une belle nuit étoilée ou, si tu préfères, sous un ciel piqueté de lueurs scintillantes comme des brillants. Je sais tu as le goût de la métaphore et j'ai la métaphore facile. La grande casserole, le petit chariot, Vénus, la Voie Lactée et puis Orion, la fleur de carotte de Giono... on se rend compte du vide sidéral quant à nos notions d'astronomie... ce qui nous occupe pour l'heure et les nuits à venir (mais on n'en est pas encore bien sûrs), c'est la ronde nuptiale à laquelle se livrent nos corps. Bien entendu, nous les laissons faire. En fait, nous sommes pantois sous la lune, devenus muets peu à peu.

C'est un beau début d'histoire. Dans ces moments-là, on se dit que la vie ne devrait être faite que de commencements. Adieu les tourmentes ! Ainsi on enverrait voler par dessus les moulins les douleurs assassines. Oui mais voilà, pour cette histoire d'étoiles filantes inaperçues, il a fallu clore une autre histoire qui avait commencé assis en tailleur devant un feu de bois sur des tomettes délavées et qui, elle-même, avait mis le terme à une histoire entamée face à la mer, bercés que nous étions par le ressac de l'eau, les fesses humides dans le sable mais nous n'osions pas le dire par peur de rompre le charme et ainsi de suite et toujours une suite et une fin...

Plus tard, on se demande, je me demande si toute cette mise en scène d'étoiles, de nuit d'été et de son cortège de grenouilles coassantes, de grillons insomniaques, de chouette éberluée n'était pas là pour brouiller nos sens irrémédiablement, nous engager à poursuivre l'histoire jusqu'à l'automne et bien au-delà si affinités.

Je dois me rendre à l'évidence : écrire l'histoire ne t'intéresse pas, pas la nôtre en tous les cas. Je cherche ta main, je ne la trouve pas, je cherche ton regard, je ne le trouve pas. Je dis les mots que tu ne dis pas. Je m'écorche vive à tes côtés. Je me suis trompée d'histoire et tu me l'accordes. Chacun sa version. Sa vision. Son évasion. Alors je me mets en quête d'un autre début. La décision n'est pas simple à prendre. Oh non !mon corps renâcle à laisser le tien mais je me mets en chemin. Et puis, par une nuit blanche d'août, je kidnappe, je le jure la pleine lune pour témoin, sur la route sinueuse des gorges d'Evenos un horloger peu farouche. Mais là est une autre histoire...

Posté par lydiemasere à 13:16 - Ecrire en vain - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Emotion...

L'émotion à la lecture est d'autant plus touchante que le mot est bien choisi, la musicalité des phrases est bien là mais surtout le lecteur oscille entre un récit ou un témoignage de vie où l'auteur se dévoilerait peu à peu pour nous livrer un peu de lui, ou d'elle, ou de toi... et ce matin, je suis émue... bonne journée Lydie...

Posté par Cécile, vendredi 21 mars 2008 à 07:39

Evasion, émotion...je ne sais plus non plus...ce que je découvre chaque jour un peu plus c'est ce mystère chez chacun....Merci pour ces mots Lydie et ton blog que je retrouve tous les jours et c'est un endroit ou je me sens si bien...merci...

Posté par Frany, dimanche 23 mars 2008 à 10:24

Cette route sinueuse me dit quelque chose, je l'ai parcourue quelques fois...
Je connais une histoire démarrée un milieu de novembre, dans le froid humide parisien, bien après la tombée du jour... Point de grenouille, ni de grillon pour accompagner la rencontre. Des mains qui tremblaient, était-ce le froid, ou l'émotion ?
Je t'embrasse lydie.

Posté par cielo moon, dimanche 23 mars 2008 à 10:37

toujours et encore

le chemin se déroule et nous l'arpentons toujours et encore. Parfois, il n'y a plus de chemin...Pas grave, on repart un peu en arrière et on retrouve le dernier embranchement. Parfois, on tombe sur une ornière vicieuse. On reprend son souffle sous le saule près de la rivière... et puis on repart. Après tout l'important n'est-il de continuer de marcher sur cette route, elle mène où ?

Bizzz
marylo

Posté par la rêveuse, dimanche 23 mars 2008 à 17:43

J'aime bien tes histoires de commencement... celle où la page est blanche pour y graver toutes les étoiles du ciel, et y inscrire tous les mots d'un amour qui reste à inventer...
J'aime bien tes histoires de commencement, mais je te souhaite de ne jamais écrire le mot fin, sur la prochaîne page blanche...

Posté par Line, mardi 25 mars 2008 à 11:09

Une page blanche, et quelle page blanche!!! Celle qu'on veut à chaque fois ne pas voir finir... celle qu'on voudrait ne pas avoir à tourner... celle qui reste à réinventer chaque jour... Elle est promesse... elle est envie... elle est faim de lendemain... Bises et belle soirée sous ce ciel étoilé... en bonne compagnie...

Posté par Aurelia, mardi 25 mars 2008 à 21:58

Je suis charmée par tant de poésie et tes bijoux ne sont que qu'émerveillement,bises

Posté par Miss Touchatou, mercredi 26 mars 2008 à 13:44

Les émotions s'entremèlent à la lecture de tes mots toujours si bien agencés, laissant place à des frissons parcourant mon corps ... frissons du souvenir d'une histoire finie, frissons d'une autre commencée pour aller parfois je ne sias où ...
La nuit est étoilée, n'est-ce pas ce soir ?
Alors je ferme les yeux et imagine le commencement de mes rêves ...
Douce nuit à toi Lydie, je t'embrasse.

Posté par Mariane S., mardi 1 avril 2008 à 21:55

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