jeudi 2 juillet 2009
SURPRISE

La surprise me renverse le c-l par dessus tête et je tombe du ciel, je tombe du ciel.
De haut. De tout là-haut.
Ciel ! Mon coeur décroche...
lundi 8 juin 2009
OH ! CHERRY ! CHERRY !...
Je l'aime un peu, beaucoup, passionnément,
Un peu c'est rare et beaucoup tout le temps.
Passionnément est dans tout mouvement :
Il est caché sous cet : un peu, bien sage
Et dans : beaucoup il bat sous mon corsage.
Passionnément ne dort pas davantage
Que mon amour aux pieds de mon amant
Et que ma lèvre en baisant son visage.
PASSIONNEMENT - LOUISE DE VILMORIN
lundi 16 mars 2009
IL ME HAPPE, ME HAPPERA...

Tu vois ce convoi
Qui s'ébranle
Non tu vois pas
Tu n'es pas dans l'angle
Pas dans le triangle
Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand je te volais dans les plumes
Entre les dunes
Par la porte entrebâillée
Je te vois rêver
A des ébats qui me blessent
A des ébats qui ne cessent.
Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d'auréole
Les cymbales les symboles
collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
Les vents de l'orgueil
Peu apaisés
Peu apaisés
Une poussière dans l'oeil
Et le monde entier soudain se trouble
Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand je te volais dans les plumes
Entre les dunes
Par la porte entrebâillée
Je te vois pleurer
des romans-fleuve asséchés
Où jadis on nageait
Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d'auréole
Les cymbales les symboles
collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
Tu vois ce convoi
Qui s'ébranle
Non tu vois pas
HAPPE - A. BASHUNG - J. FAUQUE
lundi 2 mars 2009
EN VISITE CHEZ BETH

Beth nous surprend toujours. Quand, penchée à la fenêtre, sur les coups de midi, elle crie à qui veut l'entendre (mais c'est à nous qu'elle s'adresse): une grenadine ? Et même si nous lui montrons de l'inde+ le cadran de la montre en répondant : Beth, on est pressés, elle insiste en haussant le volume : une petite grenadine, alors ???
Beth nous surprend toujours et encore. Quand, sur les coups de 20 heures, plantée dans ses sandales blanches d'une autre époque et vissée dans l'herbe jaune de la pelouse, elle lance dans un hurlement à réveiller toutes les hirondelles endormies au+ alentours ses mots mystérieu+ : un quinquina ? Alors, sans nous consulter et dans un ensemble sans faille, nous poussons un profond soupir car le ton de la demande ne laisse pas le choix et nous rejoignons la terrasse de notre voisine en franchissant la haie qui sépare nos jardins mitoyens.
L'été passera à siroter le quinquina amer, la grenadine de garde de Beth, à la surface moisie, au rouge troublé par des années de conservation au fond d'un placard obscur. A chaque fois, le même rituel : nous levons nos verres à l'amitié et, à chaque fois, Beth rajoute : à vous, mes enfants. Le plus difficile est de faire semblant d'apprécier l'amical breuvage et d'en laisser un doigt ou 2, sans que Beth ne se renfrogne. Nous devenons très fort à ce jeu qui consiste à noyer le poisson dans un verre de grenadine passée ou de quinquina dénaturé. Dans le fond, c'est facile. Il suffit de divertir Beth, d'enfiler les mots comme les perles sur un fil, scintillantes au soleil, inventer un discours futile, distrayant et doux comme la brise qui nous enveloppe, l'art de dire peu mais avec conviction et de traquer chaque silence qui pointe son nez par une jonglerie verbale légère comme les bulles de savon.
Un soir, emporté par Dieu seul sait quel élan, tu fais, avec ce sérieux inconnu de moi jusqu'alors, cette annonce : Beth, nous allons nous marier ! Alors, Beth rosissant comme une jeune fiancée, pique du nez dans son verre au+ contours flous, avale une gorgée ambrée de travers et bafouille un étouffé mais néanmoins intelligible : mes enfants, vous ne pouviez pas me faire plus plaisir...
La vie continuera entre cris de ralliement, biscuits rances, mots chuchotés, d'autres plus articulés, l'oreille se fane, et rêveries associées, grimaces pour dire merci, embrassades pour se saluer...
Dérogeant à la règle, un dimanche après-midi, Beth passe la haie : venez, venez... Nous la suivons dans le dédale de sa maison, passant en coup de vent d'une pièce fraîche à une autre, grimpant les escaliers quatre à quatre (Beth dit que le secret de sa forme tient tout entier dans l'amertume du quinquina) jusqu'à ce que nous arrivions sous les toits. Là, poussant avec force la porte grinçante du grenier, elle nous précipite à l'intérieur et nous nous retrouvons avec stupéfaction, face à face, avec une armure grande comme un homme de belle stature, piquée de rouille sur la cuirasse, noircie au+ articulations mais dans l'ensemble encore en bon état.
"Cadeau de noces" dit Beth en tapotant avec affection l'épaule de l'homme de fer. Le ton bien que gentil est péremptoire. Nous répondons, parfaitement à l'unisson : Oh Beth ! merci !
A l'automne, nous nous épousons.
lundi 16 février 2009
LE SOIN DU PAPILLON

Il y a des passages à vide, de ceu+ où l'on se demande dans quel coin de l'espace se mettre pour que ça passe. Des passages sans mots, sans gués. Des passages d'un jour à l'autre à se cramponner au+ flancs des collines humides, à franchir des rivières boueuses, s'ébrouer comme le chien après son escapade.
Il y a des jours qui passent où je ne suis pas dans ma vie. Mais juste à côté.
Alors, je prie, les mains jointes, je prie pour que la nuit.
Pour que la nuit, le papillon se pose sur mes yeu+. Il me délivre du sommeil et me livre, nue, au+ rêves.
jeudi 1 janvier 2009
POUR L'AN QUI VIENT...

Du bonheur dans les petites choses et les grandes aussi. Pourquoi oublier les grandes ? Et puis d'abord, qu'est ce que c'est que les grandes choses ? Ah ! Sais pas. Un élan du coeur ? Un regard de compassion ? Tondre la pelouse qui a tout d'un pré ébouriffé ? Un dépassement de soi ? Une nuit qui n'en finit pas ? Un geste de solidarité ? Une pièce-montée ? Un retour de flamme ? Une paëlla pour 30 ?
Ce que je sais c'est qu'à vous qui venez là, je vous souhaite d'inventer des choses de toutes les tailles, de toutes les formes, de prendre la vie à bras le corps et d'aimer et se laisser aimer.
Et puis aussi, prenez quelques résolutions que vous ne tiendrez pas ! C'est si bon de ne pas respecter les bonnes résolutions de l'an qui vient et surtout pas de honte !
